• Julie FRIOT

L’homme qui ne m’aurait pas décongelée

Hier soir avec David, nous avons fêté dignement notre dernière soirée de couvre-feu avant le confinement… Enfin… comme tout le monde, on a scotché devant la télé (autant prendre le rythme tout de suite !).

TMC diffusait le film « Passengers ».

Je vous fais le pitch (pas le truc qui tient dans ta potch, hein) rapidement :


Des passagers ont embarqué dans un vaisseau qui vogue en direction d’une lointaine planète. Comme le voyage va être atrocement long (« dis papa, c’est quand qu’on arrive ? »), ils sont tous plongés en hibernation.

Manque de bol (gros, gros, manque de bol), un des occupants du vaisseau se réveille 90 ans trop tôt (je vous avais dit que le voyage était long) parce que sa cabine d’hibernation a merdouillé (« mais virez-moi ce con de Jean-Claude du service technique, il est naze ! »).

Bon, il se fait chier un an (UN AN !), tout seul (le mec a quand même un GROS mental, moi perso, je pense que je tiens un jour MAX). Enfin tout seul… Il peut quand même parler au barman-robot mais ça tourne vite en rond (Ah oui ! le vaisseau est hyper bien équipé : bar, piscine, salle de sport…etc… le confinement mais de luxe quoi ! Tout ça pour des gens qui pioncent H24, je vois pas bien l’intérêt mais bon… Tant mieux pour notre protagoniste réveillé un poil trop tôt).

Du coup, malgré son gros mental, notre héros craque un peu et décongèle une nana sur qui il a flashé (j’ai hésité à dire « eu un crush » pour faire jeune mais certains me connaissent alors ça serait peu crédible) en apprenant à la connaître grâce aux tablettes contenant plein d’infos résumant la vie de chacun des passagers. Il a bien sûr flashé sur sa personnalité intérieure (Chance, sa personnalité extérieure est blonde, jolie, mesure 1m75, et pèse 55kgs mais ça, c’est un pur hasard…).

Les deux tombent fou amoureux, font l’amour comme des fous fous dans tous les coins du vaisseau mais notre héros musclé finit par avouer à sa belle déshibernée que c’est lui qui l’a réveillée. Elle fait la gueule, fini les galipettes mais ils finissent par devoir se reparler et collaborer parce qu’en fait y a un défaut dans le vaisseau, les bugs s’accumulent un peu partout (Rappelez Jean-Claude du service technique, il n’y était pour rien en fait) et s’ils ne trouvent pas TRES VITE (faudrait pas non plus que le film dure 3h45) comment réparer, ils vont tous mourir…


(Ce pitch est tellement long qu’il ne tient plus dans ta potch)


Après avoir fait le parallèle avec notre situation actuelle (coincés tous les deux sur un vaisseau – planète terre qui part en couille) et ri sur le fait que nous par contre, à l’inverse de nos deux spatio-héros, on aurait glandé tranquilles avec le robot-barman en attendant la fin certaine de nos vies (mourir d’accord, mais bourrés alors !) au lieu de prendre tous les risques pour réparer la panne et que le film aurait été pour le coup, beaucoup plus court et moins intéressant, j’ai soudainement posé la question fatidique à David (en incluant la réponse, spécialité maison) :


« Tu m’aurais décongelée, toi ? Je suis sûre que non, tu aurais choisi une meuf méga gaulée mais, bien fait pour toi, elle aurait été conne et tu te serais bien fait chier ! »


(Quand je vous disais que la réponse était inclue…)


David, cet être qui ne fera jamais la réponse que j’attends pour combler mes failles égotiques mais qui a le mérite, s’il ne répond pas ce qui me convient, d’au moins toujours me surprendre, me dit :


« Ah bah non, moi j’aurais décongelé un pote ! 90 ans, c’est long, faut s’occuper, faire des jeux… »


Devant mon air renfrogné (découvrir que son mec préfère passer la fin de ses jours à jouer au ballon avec un copain plutôt que de s’épanouir dans l’amour absolu et unique de ma personne, c’est un coup dur), il ajoute, mort de rire :


« Parce que tu veux me faire croire que tu m’aurais décongelé, toi ? Tu parles ! Tu aurais décongelé un grand black musclé, oui ! »


A ces mots, mes yeux s’illuminent.

Réflexion faite, c’est vrai que passer les 90 prochaines années avec Omar Sy, en misant tout sur le fait qu’au bout de quelques heures (jours ? mois ? années ? décennies ?) il soit moins regardant sur les critères de choix de sa partenaire sexuelle, l’idée ne me déplaît pas…


Toute à mes rêveries, j’entendis à peine David me dire :


« En parlant de décongeler, on se boufferait pas un truc ? »


Ce mec a définitivement le sens de l’à-propos.


Fin de notre dernière soirée de couvre-feu. Vivement demain pour notre première soirée de confinement !

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